1. La vente de sites Internet par abonnement, de quoi s’agit-il ?
Les PME, TPE (Très Petites Entreprises) commerçants et indépendants reçoivent fréquemment des appels téléphoniques leur proposant la réalisation de sites Web pour un prix mensuel modique. Cette prospection est très bien organisée, elle se base sur des annuaires de noms de sociétés ou d’enseignes qui sont combinés au registre des noms de domaines existants ou non, avec ou sans site associé. Lorsque l’entreprise accepte le rendez-vous, il s’agit souvent d’un « one-shot » au cours duquel le commercial ressort immédiatement avec un contrat ou en termine avec son prospect s’il n’a pas pu conclure la vente.
L’offre est alléchante : un site Web sur mesure, avec des possibilités de modifications de ce site, parfois un catalogue de produits, un référencement optimal et maintenu pendant toute la durée du contrat … Pour le patron de la petite organisation, ce sont de belles promesses d’autant que la société se targue de nombreuses références. Il n’y a plus qu’un pas pour signer, puisque cela fait longtemps que l’on se dit qu’il faut y aller …
Si certaines de ces sociétés sont parfaitement fiables, d’autres le sont beaucoup moins. Et ce sont les plaintes clients qui en attestent. La France a été un marché précurseur dans le domaine et les clients mécontents se sont associés et regroupés (voir par exemple le site de l’ADCAPI, le blog Agences Web Douteuses ou encore une question parlementaire à l’Assemblée Nationale).
2. Comment reconnaître le danger ?
Prenons un cas concret (un de mes clients). Mon client est contacté par une société française (département 59) qui souhaite étendre son business en Belgique. Elle dit avoir besoin de références en Belgique et à cette fin propose, moyennant un accord de confidentialité strict, d’offrir gracieusement à mon client son site Web. La promesse est encore plus alléchante… Une entrevue de prospection a lieu et mon client reçoit les documents. Il doit les signer et les faxer et la mission démarrera.
Dans la pratique, le contrat couvre 48 mois et les prestations sont peu ou pas décrites. Par contre, les montants mensuels, les frais de dossier et les frais de sortie sont bien réels. La lecture rapide du (très long) contrat me permettra d’ouvrir les yeux de mon client : (i) durée initiale du contrat irrévocable (48 mois), (ii) résiliation possible moyennant une indemnité de 80% du solde à payer sur la durée restante ainsi que plusieurs centaines d’euros, (iii) l’obligation de devoir restituer l’intégralité de tous les contenus et composants du site à la fin du contrat (aucun transfert de propriété), (iv) des garanties de résultats quasiment inexistantes et (v) l’inclusion dans le contrat d’un « bailleur potentiel » à qui le contrat serait immédiatement transféré. En faisant un calcul économique rapide, le seul prix de l’hébergement multiplié par 48 dépassait rapidement le prix qu’une agence Web facturerait de manière classique pour mettre en place le site Web de mon client.
Dans de nombreux cas similaires, les clients se sont aperçus que le contrat était revendu à un intermédiaire financier, que le site était développé outre-mer et que les prestations étaient loin des promesses. Avec des clients captifs.
Un autre cas récent dans une PME cliente a indiqué que les frais mensuels, hors options, s’éleveraient à 250€ HTVA. La durée était de nouveau de 48 mois. Une rapide évaluation a montré que mettre en place un outil de gestion de contenus open-source (logiciel libre de droit), en faisant faire ce travail par une agence locale ou par un indépendant, avec tous les composants nécessaires à un référencement naturel correct ne devrait pas dépasser 6 à 7.000€. Donc une différence de près de 50% hors actualisation financière des coûts …
Il est donc clair que le modèle économique qui consiste à financer l’investissement et à le faire passer en compte de charges (un site Web doit être considéré comme un investissement et pas comme des frais à porter en charges) permet à de très petites organisations de pouvoir ambitionner des outils auxquels elles ne songeraient pas autrement. Mais gare aux risques si le fournisseur n’est pas fiable …
3. Comment sélectionner son prestataire pour éviter ces risques ?
Voici quelques très bonnes pratiques à mettre en place …
- choisir un fournisseur proche, votre site est comme votre business, il nécessite de la réactivité et de la proximité (pas de vente par correspondance),
– privilégier un fournisseur labellisé eTIC, repris dans la base de données de l’Agence Wallonne des Télécoms (vigie). Vous aurez ainsi des possibilités de recours,
– demander des références et contacter plusieurs autres clients, pour comprendre leur degré de satisfaction, dont des clients faisant appel à ces services depuis de nombreux mois,
- faire jouer la concurrence et mettre en concurrence des modèles différents, y compris celui qui correspond à un modèle d’investissement,
- être méfiant lorsque les offres sont presque trop belles pour les croire … et surtout ne rien signer au premier contact, jamais ….
- vérifier que ce qui vous est proposé répond à VOS besoins. Votre fournisseur doit vous épater en vous proposant des choses pertinentes pour votre business, auxquelles vous n’aurez pas songé préalablement. Rien de pire que se retrouver devant un prestataire qui vous dit : « dites-moi ce que vous voulez que je vous fasse comme site et je vous le fais » … Ou encore de recevoir son site Internet puis de découvrir qu’une autre entreprise dans le monde utilise le même graphisme (voir un article récent du Trends),
– consulter un ou plusieurs RENTIC pour vous faire conseiller préalablement sur LE site qui vous ira comme un gant,
L’auteur de cet article est consultant agréé RENTIC depuis 2004 et considère que le site Internet d’une entreprise doit être unique, comme son business est unique. En savoir plus sur le consultant RENTIC et ses méthode de travail : cliquer ici.
Pour accéder à la fiche de Christian Janfils sur ce site rentic.be